11 sept. 2011

Mauro Modin

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Mauro Modin


Amoureux de Jazz et de Paris découvrez cet Artiste peintre musicien, un petit aperçu de ses fascinantes créations....























présentation de l'artiste:


MAURO MODIN « Histoire d’une vie : vie d’une Histoire ».

Mauro Modin est né en 1963, durant une période historique particulièrement propice aux arts. Ce sont des années où l’art figuratif connaît les grands bouleversements de l’informel avec Vedova, Fautriere, Riopelle et tous les américains bien en vue , dans le secteur sonore, nous trouvons d’un coté Stockhausen, Maderna, Berio, Boulez, Xenakis qui, sur le versant classique, se retrouvent à aplanir les nouveaux horizons sonores, entre le brutuisme et la musique concrète tandis que l’avant-garde noire américaine connaît de nouveaux héros : Dolphy, Russell, Muhal Richard Abrams, Taylor, Coltrane, Dixon, Kirk…, et quatre jeunes de Liverpool qui se préparent à conquérir le monde avec des chansonnettes faciles à retenir mais d’un genre nouveau, de prise facile mais confectionnées avec aplomb et une certaine amabilité. Naturellement, tout cela le petit Mauro e le savait pas, et il n’aurait pas pu le savoir , surtout en Italie où la notoriété de Luigi Nono et d’ Emilio Scanavino était inversement proportionnelle à celle de Rita Pavone et de Little Tony.

Le premier abord avec le crayon et le dessin sont rapide et indolore pour le jeune Modin, qui à l’époque était attiré par la MotoCross, qu’il dessine volontiers sur papier. L’esprit de l’enfant est docilement agité, porté au mouvement, à l’ouverture du geste. Les devoirs scolaires, il les fait avec la juste nonchalance, mais ses professeurs il les a oubliés à cause de leur banalité et leur inconsistance. D’habitude les maîtres qui ont su nous transmettre quelque chose, surtout durant la période de notre enfance ou de notre adolescence, on ne les oublie pas, leur souvenir reste ineffaçablement fixés dans notre mémoire. Modin ne se rappelle de personne, à part du professeur Ferruccio Bortoluzzi, qui à été pour lui, durant les quelques années qu’il à passé au lycée artistique de Venise, un important point de repère, aussi bien en tant qu’artiste que comme homme . L’étudiant Modin ne supporte pas la nullité confuse de la structure scolaire, organisée de façon statique, passive, sévère et bigote. Il ne comprend pas pourquoi il doit dédier une grande partie de son temps à étudier des matières qui n’ont rien en commun avec l’art, ou tout au moins mal organisées.

De son coté l’école a une aversion envers Modin et ainsi le divorce forcé est rapidement ratifié. Heureusement, ses parents l’inscrivent à un cours dans une école privée de Milan où l’on enseigne la graphique éditoriale et la technique des bandes dessinées. C’est ici que Modin découvre la beauté et les opportunités culturelles et sociales, de la grande ville, et il vit ses premières expériences. Le cours le passionne, parce qu’il touche le centre des problèmes des techniques du dessin, avec tous les tenants et les aboutissants du cas, et surtout sans trop de fanfreluche et de théories obscures. Le soir l’occupation académique et le merveilleux entraînement de la vie, dont le but n’est pas seulement la découverte de la musique, d’abord le Rock, la forme plus spontanée, simple ; donc le blues et le jazz, intuition vive de quelque chose de différent. C’est aussi une période effervescente pour les bandes dessinées, avec une forte évolution picturale de cette forme expressive complexe. Modin trouve en Daniel Zezelj et en d’autres auteurs géniaux des points de repère très intéressants, qui l’aident à comprendre l’importance d’une vaste technique picturale, aussi bien au niveau figuratif qu’au niveau chromatique. Puisque le marché des bandes dessinées était en expansion, Modin décide de se transférer directement à Milan pour commencer une carrière dans le secteur.

Mais le destin décide autrement : durant le service militaire Modin porte l’uniforme d’agent de police, et il commence aussi la carrière de batteur dans un rhapsodique quatuor composé de frères d’armes. Cette expérience le marque positivement si bien qu’à la fin du service militaire, il fait partie d’une band, il travaille dans l’intention de devenir un musicien professionnel on the road.
Pour quelqu’un comme lui, qui a toujours besoin d’adrénaline, l’instrument qui convient le mieux ne peut être que la batterie, où le groove n’est pas donné seulement par les mains, mais il implique aussi le corps et le cœur. Pour un jeune qui n’a aucune préparation technique, la forme musicale la plus spontanée à approcher est celle du Punk, qui était en vogue en ce temps là. Bien qu’elle soit née comme un stratagème de marché, ce coup avait beaucoup impressionné le panorama désormais usé du Rock historique, depuis trop longtemps momifié tout autour de quelques figures décolorées et éreintées.

Avec le Punck la scène renaît, avec plus de vigueur à travers de nouvelles personnalité et de nouveaux idiomes, « C’était les années folles – se rappelle Modin- ivres de joies parce qu’il y avait l’enthousiasme, l’envie de faire, d’expérimenter, de vivre au maximum, toujours, 24 heure sur 24 ».
Modin débarque à Londres, et s’installe dans un de ces quartiers off-limit qui s’appelle Brixton, habité surtout par une population de noirs. Punk et Reggae au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner. Du travail de temps en temps et beaucoup, beaucoup, de musique : des concerts partout entre squatters et melting pot total, dans une dimension exaspérément vitaliste, mais toujours marquée par une volonté qui dans ce cas particulier à toujours été « intentionnellement constructif, loin de la drogue ou de cochonneries de ce genre ».
De retour en Italie Mauro est désormais introduit dans le milieu des concerts de chez nous, pas en qualité d’instrumentiste, mais comme roadie, membre de cette réalité humaine, articulée qui travaille au coté des musiciens célèbres quand ces derniers sont en tournée.
Modin à l’occasion de collaborer avec Simply Mind, Simply Red, Zucchero, Vasco Rossi, Cult, Deep Purple, Pink Floyd, Rod Steward et Miles Davis pour en citer quelques un.
En attendant le bon moment pour commencer son propre parcours artistique il se remet à peindre, en attendant les temps propices qui demandent une juste période de maturation. « J’ai mis du temps, beaucoup de temps – dit Modin- à me libérer des traumatismes que m’avait laissés le lycée artistique, avec sa rigidité formelle, il avait crée en moi, qui à l’époque était si jeune, sans vouloir dire par là que j’étais un saint, mais ces méthodologies n’avaient provoqué en moi aucun effet positif. J’ai eu la chance d’avoir pu passer les années de ma jeunesse où j’avais toujours rêve d’opérer, Ces années-là m’ont gratifié, elles ont été cathartiques, de grandes leçons de vie, après quoi je me suis rendu compte que le moment le plus approprié pour commencer un travail artistique solide, continu et cohérent était arrivé ».
Le jeune artiste commence à mettre de l’ordre dans ses idées, en s’appliquant sur plusieurs domaines créatifs, les mêmes qu’il est en train de sonder de poursuivre, aujourd’hui encore, en un viatique qui se présente très riche, long et extrêmement fascinant.  
Ad maiora.

Mauro Modin : Parisienne Thoroughfare

Si vous aimer le jazz vous ne pouvez pas ne pas aimer Paris. Pour Mauro Modin la capitale française est la ville qui lui permet de réaliser tous ses désirs musicaux et esthétiques. « A Paris –dit-il – j’y vais chaque fois que le destin m’en donne l’opportunité. C’est un lieu qui se renouvelle à chaque fois, tout en n ‘oubliant pas de préserver la partie de son histoire passée qui reste toujours sa caractéristique prédominante et sonore… ». Modin fait allusion aux coins les plus caractéristiques du vieux Montmartre, de Pigalle. de Paris Saint Germain et de nombreux autres endroits où l’art. la culture et la musique se sont développées, particulièrement féconds et de façon très spontanée.
Lorsque Modin parle de ces propres lieux, il parle de « rues qui chantent, » en fusionnant volontairement architecture et son, en un osmose facilement tangible pour qui est contraire aux bruits de la grande métropole.

Mauro Modin aime Paris puisqu’il la définit « la ville la plus Jazz qui existe : en évolution permanente toujours imprévisible, polychrome, pluriculturelle, expérimentale mais classique, snob et informelle, aussi bien intellectuelle que mondaine ».
Modin sait très bien combien cette ville a voulu entretenir un rapport particulièrement étroit avec les jazzmen à tous les niveaux et de toutes les manières. Il sait qu’elle a donné son hospitalité généreuse à tous ceux qui la lui ont demandée, immédiatement après la guerre quand de grands américains se sont transférés dans la solaire métropole transalpine, à la recherche de nouvelles inspirations et atmosphères…Bud Powell qui se transforme, dans le Dale Turner si magistralement forgé par la caméra de Bertrand Tavernier, en un intense et nicotinique Round Midnight ; comme la tournure de phrase stupéfaite et bien soignée de Don Byas, ainsi que l’anachronique et orgueilleux sound du grand Sydney Bechet…

Tout cela et bien d’autre, beaucoup d’autre : oui, parce que Modin ne peut pas oublier que Paris –plus exactement la France- a su aussi nous donner la créativité, à travers son apport de musiciens qui ont été un point de repère, jusqu’à présent unique et incomparable :Django Reinhardt et Stéphane Grappelli, Guy Viseur, Jo Privat, en passant par André Prévin, Michel Legrand. Barney Wilen, Jean Luc Ponty, Michel Petrucciani, jusqu’aux contemporains Michel Portal, Richard Galliano, Bruno Chevillon, Dominique Piffarelly, Daniel Humair et bien d’autres grands musiciens qui depuis très longtemps fréquentent assidûment les scènes du monde entier.

Dans son atelier de peinture, de San Lorenzo Isontino aux alentours de Gorizia, Mauro Modin travaille avec entrain dans un espace lumineux, entouré et presque submergé de toiles, de disques, d’images, de photographies, d’installations et tant d’autres choses qui peuvent aider sa créativité.

« Pour réaliser les différents portraits des musiciens – nous explique Modin- je me sers de surfaces différentes les une des autres, de façon à arriver à mettre en évidence l’aspect du caractère de chacun. Ce qui en résulte est souvent le résultat d’une longue période d’étude sur chaque artiste ». Pour chacun d’eux et selon leur vécu personnel, l’image choisie, le son, Modin adopte la technique qui lui semble la plus appropriée sur le moment pour transmettre un ensemble d’émotions, de contexte, d’allusions : « il est évident –continue l’artiste- que la toile de jute utilisée pour le portrait bichromie d’Abert Ayler, musicien anguleux, renfermé, ésotérique, mystérieusement fasciné de légendes lugubres, ait une valeur presque opposée à la toile lisse sur laquelle j’ai construit le portrait de Pat Metheny, le guitariste éclatant, spécialiste incomparable du son de la positivité et de la joie de vivre la musique ; chaque artiste est un cas particulier à qui il faut réserver les soins qui lui conviennent ».

Modin aime le coup de pinceau rapide , de jet, imbibé de couleur qui coule, souvent sale mais qui arrive à donner dans son ensemble une idée précise et de forte communication, «  Je viens de terminer une longue période de concentration passée avec la peinture non figurative – admet-il- je continue encore à poursuivre cette peinture parallèlement à mon engagement avec l’art figuratif jazz, parce que je les trouve profondément en corrélation et complémentaires : La familiarité avec le non figuratif m’a permis de développer la connaissance de l’importance du geste pictural qui est un élément fondamental pour chaque artiste qui veut transmettre ses propres limites de technique formelle ».Voici donc les œuvres où Modin joue sur les surfaces avec de fausses hombres, où, plus précisément, il utilise la technique de la toile laissée en blanc, où encore, il procède habilement par soustraction au lieu de procéder par addition, sans négliger d’utiliser les porosités de la toile de jute comme partie intégrale de l’impureté de l’épiderme. Quelquefois il crée sur la toile l’impression de la peinture à fresque, de façon à pouvoir griffer la superficie par des signes résolus de déchirures, en un mélange enchevêtré d’abandon barbare et de fort contrôle rationnel.

Mauro Modin réserve une attention fondamentale à ses collages. « J’ai débuté comme dessinateur de bandes dessinées –précise Mauro – et par conséquent j ‘ai toujours aimé écrire des histoires qui ont une conclusion, des intrigues avec un début et une fin. Le collage me permet de créer des liens même très étroits, entre les différents musiciens. avec certains même je sens avoir des affinités pour des raisons lointaines et peut-être pas évidentes. J’aime les fractionnement, les superpositions, les citations : j’aime mettre ensemble par exemple, le vieux avec le neuf, le célèbre avec l’inconnu, en donnant l’occasion à plusieurs clefs de lecture, en substance libres comme la musique dont on est en train de parler. Le jazz permet constamment des clefs de lecture inédites, que j’essaye de découvrir à travers mon travail. Les installations sont aussi partie intégrante des intérêts créatifs personnels de l’artiste. »

La Vedette, une voiture que la société Ford a construite en 1949 dans une succursale française de l’industrie américaine, reflète vraiment ce que furent les mélanges entre les deux continents, avec la diffusion des goûts et des sons qu’il y eut durant cette fatidique période. Les musiciens américains qui sentaient le besoin de s’européaniser allaient à la recherche d’une américanisation vue comme le reflet d’un monde nouveau, meilleur, loin des graves misères que la guerre à peine terminée, avait fait émerger. C’est encore le tapis volant plein de disques, la représentation d’une magie et d’une fable que de toute manière le jazz arrive toujours à renouveler, en un tas de vicissitudes, de sons et d’atmosphères inoubliables. Ou bien la trousse des médicaments, pleine d’antidotes musicaux et de baumes sonores, comme remèdes infaillibles contre le facteur existentiel toujours plus caractérisé par l’aliénation et la tristesse…

Que les œuvres de Mauro Modin appartiennent à un genre ou à un autre, il plaisent parce qu’en fin de comptes, ils sont pleins d’humanité et ils reflètent la beauté de la variété du monde, de tout ce que l’on peut mettre dans la vaste gamme de la dimension humaine, sans aucune rhétorique. Ce sont des œuvres extrêmement contemporaines, même si elles sont très attachées à la grande tradition du récent et du moins récent passé pictural, aimé et poursuivi constamment par l’artiste de Mestre.

C’est vraiment intéressant de s’approcher de son art, pour témoigner que la créativité continue à être une des rares dimensions humaines qui s’oppose aux maux qui depuis trop longtemps affligent cette humanité égarée qui souffre.
 Franco Savadori


J'espère vous avoir donné l'envie de découvrir son univers

rendez-vous sur son site web :




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